Georges BRASSENS (22 octobre 1921 - 29 octobre 1981)   

   "Les Passantes"    

En 1942, cherchant l'inspiration (à moins que ce ne soit l'inverse), Georges Brassens fait quelques pas au marché aux puces, longe les bouquinistes du quai des Augustins à Paris. Il tombe alors sur un livre d'Antoine Pol (Emotions poétiques), et dans ce recueil, c'est le poème "Les passantes"  qui l'interpelle immédiatement.

Les vers de ce poème soulignent admirablement les regrets amers de ne pas vivre sa vie aussi intensément qu'on pourrait le souhaiter parfois, comme celui ne pas aborder une jolie femme qui passe. Chacun de ces petits actes manqués se transforme aussitôt en une séquence dramatique laissant l'Homme seul, malheureux et sceptique.

" Les passantes " sont ces femmes croisées au quotidien, élégantes et grâcieuses, que l'homme n'ose pas approcher. Elles sont fugaces, instantanées, éphémères puis s'évaporent aussitôt. Ont-elles vraiment existées autrement que dans l'imaginaire ? Elles sont bien réelles.

Comme des paysages aimés que l'on ne reverra peut-être jamais, ne pas aborder ou retenir quelques instants l'une de ces passantes engendre une frustration qui se transformera au fil des ans en une douce mélancolie remplie de regrets.

Toutes ces belles passantes, Antoine Pol les croisera en 1918. Il avait tout juste 20 ans. Quant à lui, Georges n'avait pas encore 21 ans lorsqu'il les laissa s'en aller sur le quai des Augustins avant de tomber sur ce poème.

Il mettra ensuite 30 ans avant de trouver la nostalgique amertume des notes qui correspondent parfaitement au rythme des mots. Après qu'il eut demandé l'autorisation à Antoine Pol de mettre son poème en chanson, il l'enregistrera en 1972. La contrebasse de Pierre Nicolas et la seconde guitare (solo) de Joël Favreau accompagneront la géniale simplicité de cette mélancolique mélodie composée par Georges Brassens.

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